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Le changement climatique modifie déjà le cycle de l’eau. L’une de ses manifestations les plus visible est la réduction du débit et la baisse du niveau des cours d’eau.

En hydrologie, la période de l’année où le niveau d’un cours d’eau atteint son point le plus bas correspond à l’étiage.

Avec la multiplication et l’aggravation des épisodes de sécheresse, les étiages sont de plus en plus fréquents et débutent plus tôt dans l’année.

Pour faire face aux périodes d’insuffisance de la ressource en eau, les préfets peuvent prendre des mesures exceptionnelles, graduelles et temporaires de limitation ou de suspension des usages de l’eau selon plusieurs niveaux de gravité. Ainsi, au début du mois d’août 2022, pas moins de quatre-vingt-quinze départements étaient concernés par de telles restrictions.

Ces mesures de police s’inscrivent dans une démarche de conciliation entre les différents usages de l’eau. En effet, les cours d’eau font l’objet de nombreux prélèvements pour satisfaire les besoins agricoles, industriels mais aussi ceux nécessaires à l’alimentation en eau potable et à l’assainissement.

Sur un plan opérationnel, l’État mais aussi les acteurs publics locaux interviennent pour réaliser ce qu’on qualifie couramment de « soutien d’étiage ».  Cette opération consiste à réalimenter les cours d’eau à partir de l’eau stockée en amont dans des retenues (barrages hydroélectriques et barrages hydrauliques).

Ce débit artificiel supplémentaire introduit dans les cours d’eau a une double finalité. Il permet d’une part, de répondre aux besoins de prélèvements des usagers (soutien des débits d’usages) en évitant ou en atténuant les restrictions, et, d’autre part, de maintenir le bon fonctionnement de l’écosystème aquatique (soutien des débits d’étiage).

Le modèle actuel du soutien d’étiage connait un certain nombre de fragilités à la fois institutionnelles, juridiques et financières qui nécessitent une évolution pour faire face aux enjeux de demain.

Ces enjeux sont connus. En effet, sur le bassin Adour-Garonne, le plan d’adaptation au changement climatique projette un déficit à l’échéance 2050 de 1,2 milliards m3 d’eau entre les besoins pour usages et les stocks d’eau disponibles.

Cette perspective impose l’optimisation des opérations de soutien d’étiage et la recherche de solutions permettant d’accroître fortement les volumes susceptibles d’être mobilisés.

Le Cabinet, en partenariat avec EAUCEA et Ecodécision, travaille sur ces sujets et participe activement à cette réflexion portée par l’Agence de l’Eau Adour-Garonne et l’État qui vise à adapter le modèle économique de la gestion de l’eau en sécurisant notamment la capacité de mobilisation des barrages hydroélectriques mais aussi hydrauliques.

La Garonne en période d’étiage – Photo : Didier TAILLEFER